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Management toxique : quand l'attitude d'un manager mène au licenciement pour faute grave

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Un comportement managérial peut-il justifier un licenciement immédiat ?

Lorsqu'un responsable adopte une attitude nuisible envers ses équipes, il ne met pas seulement en péril l'équilibre de son service, mais viole également l'obligation de sécurité imposée par le Code du travail. La Cour de cassation, dans un arrêt du 26 février 2025 (n° 22-23.703), a confirmé qu'un management agressif et oppressant pouvait justifier un licenciement pour faute grave.


Une obligation de sécurité inscrite dans la loi

L'article L. 4122-1 du Code du travail impose à chaque travailleur, quel que soit son statut, de veiller à sa propre sécurité ainsi qu'à celle des autres. Cette exigence concerne aussi les managers, qui doivent garantir un environnement de travail serein. En cas de manquement, des sanctions peuvent être prises, pouvant aller jusqu'au licenciement pour faute grave.


Un management toxique aux conséquences lourdes

Dans cette affaire, un responsable d'agence s'est illustré par un comportement managérial délétère :

- Il s'adressait aux membres de son équipe de manière colérique et menaçante.

- Plusieurs salariés ont quitté l'entreprise ou envisagé de le faire en raison du climat anxiogène instauré.

- Des témoignages ont fait état d'attitudes lunatiques, malsaines et d'agressivité injustifiée.

- Un commercial a signalé une détérioration des relations internes, compromettant le bon fonctionnement de l'agence.

Ces éléments ont démontré un non-respect flagrant de l'obligation de sécurité et de santé des salariés, engendrant une réaction ferme de l'employeur.


La Cour de cassation valide le licenciement pour faute grave

Face à ces faits, la Cour de cassation a jugé que le maintien du responsable dans l'entreprise était impossible. En raison de ses comportements répréhensibles, il avait gravement porté atteinte au bien-être de ses subordonnés. Son licenciement pour faute grave a ainsi été confirmé, sans préavis ni indemnité.


Un signal fort pour les employeurs et managers

Cet arrêt est un rappel puissant des obligations pesant sur les managers. Un leadership toxique ne menace pas seulement la productivité, mais expose également l'entreprise à des risques juridiques importants. Il est donc essentiel pour les dirigeants de promouvoir un management bienveillant et respectueux des collaborateurs.

Conclusion

L'affaire jugée le 26 février 2025 (n° 22-23.703) démontre que l'obligation de sécurité au travail est une règle incontournable. Un manager qui adopte un comportement nuisible s'expose à des sanctions sévères, y compris un licenciement pour faute grave. Cet arrêt rappelle l'importance d'un management responsable, garant du bien-être et de l'efficacité des équipes.